in

Le rap, le voile, la célébrité… Diam’s sort de son silence

Désormais loin du monde de la musique et des paillettes de la célébrité, l’ancienne rappeuse Diam’s s’est exprimée dans une interview au JDD parue ce dimanche. A 37 ans, celle qui vendait des millions de disques porte un regard sévère sur le rap d’aujourd’hui et assure n’avoir aucun projet musical en préparation.
A la surprise générale, elle avait mis à sa carrière en 2012 pour changer de vie, se convertir à l’islam et se consacrer à sa famille. Cinq plus tard, Diam’s est redevenue Mélanie Georgiades et l’interprète de La Boulette et Jeune Demoiselle a définitivement tourné la page de ses années rap et de son succès. A 37 ans, celle qui vit désormais dans un petit village dans les Yvelines mène une vie loin des projecteurs. Dans une interview accordée ce dimanche 29 octobre au JDD, l’ex star du rap français a accepté de se livrer. L’occasion pour elle de faire notamment le point sur les rumeurs à son sujet et de donner son point de vue sur la France et son rapport au voile.

Alors que certains assuraient que Diam’s préparait son retour avec un nouvel album, l’intéressée se montre très claire. « Ce sont des rumeurs sans fondement, assure-t-elle. Peut-être certains ont-ils du mal à accepter que l’on trouve le bonheur en dehors de certains codes admis de tous, comme la gloire, la quête d’argent sans limite… D’autres choses brillent à mes yeux aujourd’hui. Vivre, avoir du temps pour les miens, pour les autres, pour de nouveaux projets, sans pression. »

« Ce que j’ai gagné me permet de vivre aisément »

Désormais, c’est dans l’écriture que Diam’s veut s’investir. Elle vient de lancer sa marque Mel by Mel sur ce thème. « Concrètement, je vais proposer des articles de papeterie, des accessoires stylisés sur lesquels on trouvera de longs textes inédits, des rimes courtes ou des sagesses qui m’ont marquée, détaille-t-elle. Je proposerai aussi des objets et une ligne de vêtements pour enfants.
Celle qui avoue n’avoir « jamais cessé d’écrire » compile ses mots et ses rimes dans un agenda dont une première édition est déjà disponible. Mais l’ex-star du rap ne le fait pas pour l’argent. « Ce que j’ai gagné par le passé me permet de vivre aisément, avoue-t-elle. L’argent n’est donc pas une motivation première pour ce projet, Dieu merci ».

« Des souvenirs pleins d’angoisse et de tristesse »

De ses années « Diam’s », Mélanie garde des souvenirs amers. « La célébrité semble être devenue une quête, voire un métier, pour tant de gens, déplore-t-elle, assurant que la reconnaissance n’est à ses yeux qu’une « illusion ». Et pas question pour elle de se retourner sur ce passé doré où les récompenses et les prix pleuvaient. « Cela me replongerait dans des souvenirs pleins d’angoisse et de tristesse, lâche-t-elle. Je préfère tourner la page et me consacrer à ce qui m’épanouit. »

Cinq ans après avoir mis fin à sa carrière, Diam’s avoue n’avoir plus « aucun » lien avec le milieu du rap. « Je n’en écoute plus, poursuit-elle. Je n’aime pas ce que véhicule ce mouvement comme orgueil, violence et consumérisme. Penser que le rap puisse changer quelque chose aux réalités douloureuses me semble si naïf aujourd’hui. Je l’ai été aussi, mais j’ai changé. »
« Je croise parfois des regards inquiets »

Mais quand on a été au sommet pendant des années, difficile de replonger dans l’anonymat du jour au lendemain. « Je rencontre énormément de bienveillance et de gentillesse », assure Diam’s quand les gens la reconnaissent dans la rue, même depuis qu’elle porte le voile. « Je croise parfois des regards inquiets, mais j’essaie de comprendre plus que de condamner. »

« Il m’arrive de discuter avec des gens d’un premier abord hostiles à mon apparence mais, très vite, quand vous savez les rassurer, ils comprennent que tout le monde n’est pas à mettre dans le même sac, explique l’ancienne rappeuse.
« Le voile a toujours mauvaise presse en France », regrette-t-elle. Et de conclure: « Beaucoup de gens l’associent à l’actualité tragique. Je comprends la méfiance. En revanche, je n’accepte pas le manque de respect ou les agressions verbales. De nombreuses femmes portent le voile avec paix et conviction. Certains ne veulent pas entendre cela. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le « freestyle football » : nouveau succès d’Internet

Haute-Saône : disparition inquiétante d’une joggeuse de 29 ans